Stayinto · Région administrative
Kalkara
Des marches en pierre calcaire pâle descendent d'une rue de Kalkara vers une crique où les bateaux de pêche sont serrés contre le quai, et de l'autre côté de l'eau, les bastions de La Valette se dressent contre le ciel. La lumière remonte du port et se réfléchit dans chaque fenêtre.
Kalkara
La physionomie du quartier change à mesure qu'on le traverse. À l'intérieur des terres, les rues sont étroites et resserrées, avec des maisons en rangée dont les balcons en bois peint surplombent le trottoir et frôlent presque ceux d'en face. Ici, le rythme appartient aux habitants : une porte laissée ouverte, une radio qui joue quelque part en hauteur, le grincement lent d'une chaise sur la pierre. Plus près de l'eau, le caractère bascule vers le travail. La crique reste un lieu où des hommes réparent leurs filets et empilent des caisses, et l'odeur de gasoil et de sel l'emporte sur tous les parfums venant des maisons. Plus loin, vers les hauteurs et les anciennes fortifications, les rues se desserrent et la vue s'ouvre : la ville bâtie cède la place aux broussailles, aux murets de pierre sèche et à un horizon qui file droit vers la haute mer.
Une journée ici commence par la descente vers la crique, en passant devant l'église et ses cloches, puis par un café pris debout ou assis à une table simple, là où le front de mer rejoint la route. Depuis le bord du quai, on peut lire tout le Grand Port : la pierre de Birgu et de Senglea de l'autre côté de l'eau, les grues et les navires qui glissent lentement derrière elles, le bac qui traverse sans jamais sembler s'arrêter. En remontant vers la côte, le terrain devient plus rude. Des plateaux rocheux descendent jusqu'à la mer, et dans la tranchée où les vieux canons font encore face à l'eau, on peut se tenir dans le vent et entendre les vagues travailler au pied de la falaise. Rien n'est organisé pour vous. La journée se compose de choses ordinaires : du pain acheté dans une petite épicerie du coin, un banc à l'ombre, le bruit d'un moteur de bateau qui démarre en contrebas.
Ce qui reste en mémoire, c'est la proximité entre la ville au travail et la vaste étendue d'eau. On peut quitter la crique avec du sel sur ses chaussures et se retrouver parmi les balcons en quelques minutes, le bruit du port s'effaçant derrière un coin de rue. Kalkara ne demande pas d'être admiré. Il demande seulement de ralentir, de regarder la pierre et l'eau, et de remarquer comment la lumière change entre les maisons et la mer. La plupart des visiteurs venus pour un après-midi se surprennent à s'attarder, peu pressés de remonter vers la route principale, déjà en train de penser au matin et à la vue depuis le quai.
