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Îles Vierges britanniques

La lumière tardive s'étend en flaques entre les rochers de granite gris de Virgin Gorda, là où la mer passe du vert à une aigue-marine limpide sur un sable pâle. Ce seul rivage donne aux Îles Vierges britanniques leur mesure : une eau qui semble peu profonde de loin et qui, de près, se révèle profonde et d'un éclat froid.

Îles Vierges britanniques

Le territoire change de caractère à chaque traversée. Tortola est la plus grande et la plus animée, ses collines descendant en gradins vers Road Town, où bureaux gouvernementaux, shipchandlers et terrasses de cafés partagent un même front de mer encombré, et où la vie de l'île suit son cours autour des visiteurs. Virgin Gorda a un air plus ancien, ses collines couvertes de granite arrondi et ses routes plus calmes, le rythme étant dicté par la roche plutôt que par le port. Anegada est un autre pays : basse, plate et bâtie en calcaire corallien, ses routes serpentent entre des salines et des broussailles, et son récif est assez peu profond pour changer de couleur avec la marée. Jost Van Dyke est petite et escarpée, un village égrené le long d'une seule plage, avec le sentiment d'être légèrement à l'écart de tout le reste. Entre elles s'étendent les cayes et les rochers, certains boisés, d'autres nus, chacun avec sa petite baie.

Une journée ici suit généralement l'eau. Le matin commence par une courte traversée à bord d'un bateau ouvert ou d'un ferry, les embruns sur le pare-brise et les îles qui se dressent, bleues puis vertes, devant soi. À Virgin Gorda, la marche jusqu'aux rochers est lente, mi-escalade, à travers des passages où la lumière devient verte et où la mer semble plus proche qu'elle ne paraît. On déjeune dans un restaurant au bord de l'eau, le sable sous les pieds et la vue sur les yachts au mouillage, avec du poisson cuit simplement, servi avec du riz et une sauce vive et verte. L'après-midi, la plongée en apnée révèle des gorgones oscillant au-dessus de coraux cérébriformes et de petits poissons qui se déplacent en nuées légères, tandis que le soleil laisse sur la peau une légère sensation de sel. De retour au port, les drisses tintent contre les mâts, des chèvres traversent la ruelle sans se presser, et la lumière descend derrière les collines de Tortola en longues bandes cuivrées.

La plupart des visiteurs finissent par souhaiter un deuxième jour, puis un troisième, non pour un site en particulier mais pour le rythme que le lieu impose : la marée qui agit sur le récif, le vent qui fait varier les voiles, le même bleu qui réapparaît dans une autre baie. Le littoral n'est pas une attraction à part, posée sur le territoire. Il est le territoire, la partie qui tient les îles ensemble, et le quitter revient à emporter chez soi sa couleur et son lent bruissement.